En être ou pas ?

Publié le par Oswald

En suivant un avis amical, j'ai découvert , avec enthousiasme, le dernier livre de Lauren Weisberger (dont le titre "Le diable s'habille en Prada", ressort en Poche et au cinéma).

Cette fois-ci son terrain de chasse de prédilection pour la foire aux vanités, ce n'est pas le monde de la mode mais celui des RP (Relations Publiques).

Avec cette première règle d'or: Il y a d'une part les "people" et d'autre part... les autres ! Et inutile d'essayer de contourner cette première règle d'or, à moins d'être si proche des "people", que vous puissiez alors devenir "people" à votre tour.

L'héroïne, Beth, va découvrir et se jeter à corps perdu dans ce monde étrange, après avoir abandonné le domaine peu glamour d'une entreprise très classique:

Et tout d'un coup, pour elle, tout s'accèlère, elle va se retrouver dans un tourbillon de folie, qui lui plaira beaucoup, mais dont elle découvrira aussi rapidement la superficialité et la vacuité.

Sa proximité avec un "people" va la mettre sous les feux de l'actualité, lui permettant de devenir la collaboratrice montante de  Kelly & Co.

Son coeur battra pour un "videur" plein de charme et dont le destin va aussi évoluer de façon fulgurante: Une fin en forme de  "happy end" concluera ce passage mouvementé et éphémère dans le monde des "people".

Le style est enlevé, le début du roman notamment est vraiment très drôle (le dialogue entre Beth et sa meilleure amie Pen qui lui annonce ses fiancailles, les rapports névrotiques de Beth avec son chien hypoallergénique Millington).

Le monde des relations publiques  y est largement caricacuré, tout en nous donnant, au passage, le mode d'emploi sur la façon pratique et concrète de plannifier et réussir un évènement (en s'appuyant notamment sur la Liste, banque de données mythique réactualisée en ppermanence par une équipe dédiée, qui est la quintessence, le Saint Graal  des gens qui comptent chez les "people").

Mais cette comédie de moeurs nous touche parce que Karen Weisberger égratigne, tout en ayant de la tendresse pour ses personnages, dont elle nous montre les travers,  tout en leur laissant le bénéfice du doute:

Dans le monde des people, rien n'est tout à fait noir, ni tout à fait blanc !

Extrait:

"-Bon sang, Beth, tu ne connais vraiment rien à rien.  Je n'imaginais pas  qu'il existait une seule femme sur terre qui n'était pas tout au moins sur la liste d'attente d'un Birkin. Inscris toi y immédiatement et peut être aura tu la chance d'en léguer un à ta fille.

-A ma fille ?  Vingt mille dollars ? Pour un sac à main ? Tu es tombée sur la tête ?

-Non, non , a -t-elle gémi. Tu ne comprends pas , ce n'est pas juste un sac. C'est un mode de vie.  C'est proclamer à la face du monde qui tu es.  C'est te résumer en tant qu'individu.  C'est une raison de vivre."

Quatrième de couverture:

Beth a vingt-six ans, travaille quatre vingt heures par jour pour un patron odieux, et vit seule avec son chien hypoallergénique, depuis que son petit ami Cameron l'a plaquée pour un mannequin.

Mais le jour où Pen sa meilleure amie, lui annonce ses fiançailles, elle décide de passer un bon coup de  Karcher dans sa vie et commence par démissionner. Et, finalement les journées, vautrée sur son canapé à dévorer les tablettes de chocolat et des romans à l'eau de rose lui conviennent bien mieux.

Jusqu'au jour où Will, son oncle gay, bien décidé à la mettre au travail, lui trouve une place dans une boite de RP. Terminées les soirées pantoufle ou diners tranquilles entre copines ! 

Place aux sorties branchées avec les VIP, aux nuits arrosées assorties de réveils difficiles. Surtout quand on apprend ce qu'on a fait la veille, comme Beth, dans les gros titres d'un journal people... 

"People or not people",  de Lauren WEISBERGER, aux Editions FLEUVE NOIR; 19,50 euros, 459 pages.

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