Il pleut !
Même couvert, je ne sors pas,
je reste à la maison ,avec mes maîtres,
et un livre conseillé par "Parole Perdue" !
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Il pleut !
Même couvert, je ne sors pas,
je reste à la maison ,avec mes maîtres,
et un livre conseillé par "Parole Perdue" !
Jettez donc un oeil sur ce site, qui présente des critiques de livre, c'est très bien fait: http://www.voixauchapitre.com/index.html
"voixauchapitre" est un groupe de lecture qui réunit des passionnés de littérature pour échanger leurs avis autour de livres. Cela donne sur des livres récents, un éclairage intéressant, une bonne façon de se faire une idée avant d'acheter un livre.
Eh bien moi, pour vous évoquer le Goncourt "Trois jours chez ma mère", j'ai choisi de vous en proposer un pastiche, avec quelques lignes ci-dessous écrites "à la manière de" François Weyergans, qui , je le pense, vous donnera le ton (narcissique et creux) de ce livre:
"Il est tôt ce matin lorsque j'émerge péniblement d'un sommeil agité et nauséeux. J'ai rêvé que j'allais à Rabastens chez ma belle-mère, pour cinq longs jours.
Je regarde mon nombril, il a une drôle de couleur, légèrement violacé: Aurai-je été piqué par un insecte durant la nuit ? Il a l'air d'enfler, il est un peu turgescent. Je l'observe durant de longues minutes, fasciné par le dessin parfait et si harmonieux du contour, le renflement gracieux et délicat qu'il produit finement, à la naissance de mon ventre, si admirable au demeurant.
J'allume un Monte Cristo numéro cinq, ramené d'un voyage par un ami, et je me dirige vers la cuisine pour me confectionner un cacao « Van Houten », dont j'apprécie tant la délicieuse amertume.
Comme Proust aimait à le dire, et moi à me le répéter sentencieusement: « Tremper sa Madeleine n'est pas facile, ce qui compte vraiment c'est de prendre la décision de le faire ».
Alors, va t-il falloir que j'aille chez ma belle-mère ? Ce rêve est-ce un signe prémonitoire ? Est ce mon Destin finalement, Le but ultime d'une vie pourtant si bien remplie ?
Il va falloir que j'y réfléchisse sérieusement, à ce projet capital, qui pourrait bien changer le cours de ma vie passionnante.
Allez, c'est décidé: Je vais en parler, pas plus tard que ce matin, à ma femme !"
Chaque année, c'est la même chose, une avalanche de prix littéraires: Le Goncourt, bien sur, mais le Renaudot, le Femina, et tant d'autres encore.
Et tout cela, pour un résultat bien décevant: A part le Goncourt des lycéens, qui a récompensé Sylvie Germain, et le Fémina Etranger qui a récompensé Carol Oates, c'est plutôt creux.
D'où cela vient-il ?
Le fameux 'système' Galligrasseuil: Gallimard, Grasset et le Seuil, les poids lourds de l'édition, qui poussent leurs poulains: Une année c'est plutôt telle écurie qui aura le prix, l'année d'après, une autre.
Et le talent, la qualité littéraire, dans tout ça ?
Alors le "système" a un peu évolué: Aujourd"hui ce serait plutôt "Gallagrassal": Gallimard (toujours), Grasset (incontournable), Albin Michel (bienvenue au club).
Total, les lecteurs se détournent, à juste titre, de ces médailles en chocolat !
*Nombrilisme:
Tiré du livre d'Eric Naulleau ("Au secours, Houellebecq revient !"), quelques lignes qui pastichent très bien ce qu'est la "production littéraire française" d'aujourd'hui:
"Sujet verbe complément. Sujet sujet sujet. La critique unanime. Sujet verbe compliment"
(un bon exemple: "Trois jours chez ma mère", par le goncourisé F.Weyergans)
*Voyeurisme:
"Vidons nos consciences et soulageons nos poubelles. Elle est fraiche ma confession, elle est fraiche. Il est lourd mon secret, il est lourd.
Elle vient de loin ma douleur, elle vient de loin. Il me coute mon aveu, il me coute.
Je me déshabille pour vous jusqu'au trente-sixième dessous mais pas plus."
(Vous avez reconnu SGA (Sa Glauquissime Altesse) Houellebecq ?)
"Nous parlons d'un auteur qui peut se prévaloir d'un succès commercial mais pas d'une oeuvre, laquelle consiste pour l'heure en un essai honorable sur Lovecraft, trois romans:
Le premier "Extension du domaine de la lutte" plutot inconsistant, le deuxième ("les particules élémentaires") à moitié raté ou à moitié réussi, selon la fameuse théorie du verre d'eau, et le troisième franchement catastrophique ("Pateforme"), ce que même l'intéressé à fini par reconnaître du bout des lèvres.
Ajoutons des poèmes de mirlitons (La Poursuite du bonheur..) dans lesquels je discerne avec difficulté la postérité baudelairienne que d'aucuns y ont dénichée, des photographies dont il n'y a rien à penser, et un agréable recueil d'articles critiques".
(Voilà de quoi avoir bien chaud pour l'hiver rigoureux que nous connaissons ;-) )
Cette formule pour résumer le désarroi ressenti par ceux pour qui Internet, est une menace, une remise en cause, quelque chose qu'ils ne comprennent pas bien;
C'est ce que ressens par exemple, le libraire, à qui je demandais hier, comment allait ses affaires, et qui me répondait:
"C'est très dur, de toute façon bientôt il n'y aura plus de libraire de quartier, aujourd'hui les livres s'achètent sur les grands sites comme AMAZON et FNAC.COM, voire, de plus en plus, au supermarché. Les gens vont au prix le plus bas. On rentre chez moi, pour m'acheter une gomme, se dépanner d'un cahier, et accessoirement d'un livre."
Il est vrai, qu'à coté des caisses, à coté des chewing-gums, se trouvent maintenant quelques livres de poche, en tête de gondole:
"Tiens, si je me prenais un petit policier, avec un paquet de bonbons 'Werthers Original' , il reste un peu de place dans mon caddie ?"
Le livre, comme produit de consommation comme un autre, à peine mieux traité qu'un paquet de lessive ?
Une coutume juive fait que l'on ne détruit jamais un livre, lorsqu'il faut s'en séparer, il faut les mettre sous terre, les "enterre", hommage ultime à la somme de savoirs qui désormais mise en sommeil.
Je me souviens de mon grand-père me montrant comment ne pas corner les pages des livres, en les tournant par le haut, témoignant ainsi d'un respect presque mystique pour les connaissances contenues dans l'ouvrage.
Maintenant pour connaître, il suffit de "googler", quelques mots, et des articles, des commentaires surgissent, je lis, j'imprime à la limite, j'indexe, je "favorise", un nouvel onglet où me référer, et le tour est joué.
Où sera bientôt le plaisir de feuilleter un papier un peu jauni, un livre juste défraichi, riche de l'empreinte du temps, des doigts passionnés qui l'ont parcouru ?
Organisé jeudi dernier au Conseil Economique et Social, par l'Institut Montaigne (http://www.institutmontaigne.org/site/page.php), une série de conférences sur le thème des idées nouvelles.
La conférence de clotûre était réalisée par Valéry Giscard d'Estaing,
très alerte et vif. Les points majeurs de son intervention:
"Il y a trois sortes d'idées nouvelles. Celles provenant des inventions, celles donnant des explications nouvelles (Freud, Marx...), celles étant des propositions nouvelles (participation dans l'entreprise, impôt sur l'énergie,...).
C'est surtout dans celles de la première catégorie qu'il y a encore des choses à faire et à attendre.
Le rôle du journaliste est de transmettre, le rôle du politique de mettre en oeuvre."
VGE avec le recul qui est maintenant le sien a expliqué en quoi l'homme politique est vecteur de nouveauté:
"Pour le politique, le ressort c'est la hantise de l'élection, il recherche donc des idées nouvelles dans la précipitation, avant une campagne électorale, il va "passer commande" d'idées nouvelles, qui bien souvent ne sont pas si nouvelles que cela.
Par contre, la politique créée des mots, une imagerie de mots ("L'Algérie française" par exemple)".
Pierre Teilhard de Chardin avait créé le concept de "noosphère" pour désigner l'espace que représente l'ensemble des idées de l'humanité, sorte de conscience collective globale (voir définition ci-dessous).
Ainsi Internet, peut-il être perçu comme un espace en tant que tel, sorte de duplication du monde réel, univers "virtuel", mais qui pourtant possède son existence autonôme.
On parle de blogoshère pour désigner l'espace constitué de tous les blogs, puis j'ai entendu récemment le mot "médiasphère" pour nommer la galaxie médiatique, composée des journaux, des télés...
Cette inflation et cette déclinaison du mot "sphère" renvoie à un monde , resenti comme vivant, composé de différents écosystèmes qui cohabitent tant bien que mal entre eux, et surtout comme dotés de vie propre, qui échapperait désormais à l'homme qui leur aurait pourtant inventé:
Dépossession du monde, difficulté à comprendre où tout cela nous amènera ?
Certainement, mais aussi peut-être une vision du monde plus nuancée et complexe, tentative de définir un réel qui se modifie à la vitesse de la lumière, en tout cas plus vite...
que nos consciences !
NOOSPHERE (source: WIKIPEDIA):
Ce mot, que Pierre Teilhard de Chardin emprunte à Vernadsky, part de l'observation qu'une pellicule de faible épaisseur (quelques kilomètres) entourant la Terre - qu'on comparerait presque aujourd'hui à un biofilm - contient à la fois toutes les connaissances de l'humanité et toute sa capacité de traitement de l'information.
La noosphère se juxtapose à la lithosphère (la masse inerte), la biosphère (la masse vivante) et à la sociosphère (ensemble des relations humaines et/ou écologiques) et l'ensemble de l'activité intellectuelle de la Terre : il s'agit d'une sorte de « conscience collective de l'humanité » qui regroupe toutes les activités cérébrales et mécaniques de mémorisation et de traitement de l'information
Ouvrir cette trappe qui résiste
Pour trouver le triangle d'or
Pour irradier comme l'améthyste,
D'un amour qui transcende la mort.
Mes coups de coeur sont dans la rubrique :
"Sélection de l'Architecte"
Les livres à éviter, selon moi, sont dans la rubrique:
"Impasses livresques"
A bon entendeur !
Deux nouvelles rubriques:
-PAROLES d'ENCRE, pour évoquer ce que fait cette association littéraire particulièrement dynamique sur Versailles et sa région
-UN ANGE PASSE..., pour parler de l'activité de la librairie animée par Serge BESSIERE, à Versailles
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