Allée "Roman français"

Mercredi 14 décembre 2005 3 14 /12 /2005 20:29

Tonino Benacquista, écrivain connu pour ses policiers, nous propose dans ce recueil plusieurs nouvelles de son cru: Bien sur, la "boite noire, nouvelle dont est tirée le film de Richard Berry, avec José Garcia attire le plus l'attention:

Le héros, après un grave accident, a eu accès à son inconscient, sa "boite noire", et en est fasciné et perturbé: Mise en garde contre la volonté d'en savoir trop ? C'est ce que peut nous amener à penser l'histoire, jusqu'à sa "chute", qui renverse les perspectives, et illustre alors le formidable rôle de cette "boite noire", qu'il faut s'avoir peut-être entr'ouvrir, plutôt qu'ouvrir ?

Extrait: "Il y a eu cet énorme rayon de lumière blanche. J'ai senti que mon corps s'élevait à l'aplomb, dans les ténèbres, à une vitesse folle. J'ai eu peur de heurter une borne invisible du cosmos. Un souffle chaud m'a ramené sur terre et m'a couché lentement, au beau milieu d'un pays d'horreur".

Par arno - Publié dans : Allée "Roman français"
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Mercredi 21 décembre 2005 3 21 /12 /2005 12:33

 "Le premier pas suffit", de Xavier Houssin nous fait partir à la découverte de Jean-François de La Harpe,  dans un roman court, concis, pour une belle promenade littéraire.

Extrait:

 "Les livres et les mots nous emportent parfois. Loin. Si loin. Au centre de soi-même. On se perd. On s'enroule. Le tuteur et la tige. Page à page on retrouve ce que l'on n'attend pas".

 

Par Joris - Publié dans : Allée "Roman français"
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Mardi 10 janvier 2006 2 10 /01 /2006 21:17

Ce livre m'a fait penser à un blog: Composé d'une accumulation de réflexions, de pensées qui traversent l'esprit de l'auteur, sans ordre logique, avec un esprit d'escalier, comme un torrent furieux et désordonné qui dévale d'une montagne.

C'est l'histoire (pour autant que l'on puisse parler d'histoire) d'un écrivain, qui n'arrive pas à terminer son livre, qui aimerait voir sa mère un peu plus, et remet toujours à plus tard  le fait de descendre la voir.

J'ai eu un peu de mal à rentrer dans ce roman, c'est un style plutôt déroutant, mais au bout d'une centaine de pages, je me suis laissé berce par la petite musique qui s'en dégage: Chronique du quotidien, fait de petits riens, histoire d'une vie qui s'étire langoureusement, névroses aussi d'un homme de l'art qui se contemple en abyme, tel Narcisse au bord de l'étang;

Et pourtant François Weyergans atteint aussi l'universel lorsqu'il nous touche pas ses désarrois, ses angoisses, son autodérision à fleur de peau; Sans prêter à un véritable éclat de rire, ses commentaires, ironiques et cyniques,  font sourire le lecteur. Notre homme possède un recul permanent sur lui-même et ne se prend pas au sérieux.

Alors cette chronique douce amère , faite d'un patchwork d'états d'âme tisse peu à peu ce qui forme toute vie: Des évènements en apparence anodins...et pourtant essentiels pour celui qui en est l'acteur !

"Trois jours chez ma mère", François Weyergans, Editions Grasset, 17,50 euros.

 

Par Kouros - Publié dans : Allée "Roman français"
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Samedi 28 janvier 2006 6 28 /01 /2006 09:56

Un étranger mystérieux, un orage qui gronde, des paysans ivres, et c'est soudain une transe collective qui  s'empare du village...

D'où vient ce mal étrange, cette folie destructrice ?

"Le prélude de Pan" est la meilleure de quatre nouvelles de Jean Giono, présentées dans ce Folio Poche.

Jean Giono y fait preuve de ce style si particulier et unique, charnel, puissant, évocateur pour parler du monde rural, et de son fonctionnement si particulier.

Extrait: "Cette haute prairie soudain toute molle, puis cette bouche qui s'ouvrit dans les herbes, et on entendait au fond balloter l'eau noire, puis ce vomissement qui lui prit à  la montagne, et le vallon qui braillait sous les lourds paquets d'eau froide".

"Prélude de Pan", Jean GIONO, folio poche, 95 pages, 2 euros.

Par Arno - Publié dans : Allée "Roman français"
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Mercredi 1 mars 2006 3 01 /03 /2006 20:25

Franz-Georg, est né avant la guerre en Allemagne. De son enfance "il ne lui reste aucun souvenir". Il lui faut donc tout réapprendre, la seule trace qui lui reste de son passé étant un ours en peluche à l'oreille roussie.

Plutôt déçu, je n'ai pas retrouvé la magie et l'inspiration de "Tobie des Marais". La toute dernère partie (les 40 dernières pages) sont très bien, car on retrouve une Sylvie Germain qui écrit très bien sur la nature et des accents à la Giono.

La construction du livre est intéressante, car il n'y a pas à proprement parler de chapitres, mais des "fragments", entrecoupés de "notules", qui sont des compléments d'information ou des citations. 

A conseiller donc, seulement pour les aficionados de Sylvie Germain.

Extrait:

"Il a cru reconnaitre dans le tronc de l'un de ces arbres ouvragés, la silhouette d'un corps, un visage flou esquissant un sourire, et une ébuche de main jointe; dans une autre la  forme d'un homme tenant une trompette".

"Magnus", Sylvie GERMAIN, Albin Michel, 275 pages, 17,50 euros.

Par Kouros - Publié dans : Allée "Roman français"
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Jeudi 9 mars 2006 4 09 /03 /2006 20:18

C'était hier soir, organisé au Virgin Mégastore, sur les Champs, en partenariat avec "Le Parisien", Katherine  Pancol (KP), présentait son dernier livre: "Les yeux jaunes des crocodiles".

Un livre plein de personnages (14 au total !), foisonnant, avec plein de vie dedans, selon Pierre Vavasseur, journaliste au "Parisien".

C'est l'histoire de deux soeurs, aux personnalités opposées, qui vont échanger leur rôle, et autour desquelles vont graviter de nombreux personnages. Un livre sur la manipulation, sur la trahison,  un livre sur "des gens qui courent après la vie et qui n'arrivent pas à l'attraper" (KP).

Katherine Pancol a retracé son parcours, avec notamment beaucoup de conseils d'écriture pertinents: Apprendre à décrire("votre stylo doit être une caméra"), ramener l'écriture à des émotions, par exemple.

Le ton de son intervention était très spontané, une grande franchise et une vraie honnetété intellectuelle pour cette séance de dédicace, qui donne vraiment envie de lire "les yeux jaunes des crocodiles", mais aussi de revisiter les autres livres de Katherine Pancol.

Son site Internet: http://www.katherine-pancol.com/

Par Kouros - Publié dans : Allée "Roman français"
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Jeudi 30 mars 2006 4 30 /03 /2006 19:33

En 1920, Dario, immigré de sang grec et italien, essaye péniblement  de gagner sa vie comme médecin.

Jusqu'au jour où il acceptera de pratiquer un avortement clandestin, c 'est le début d'une ascension fulgurante, marquée par une pente criminelle. Mais comme Faust, Dario devra payer le prix de son pacte funeste:  Ce sera par le moyen de son fils...

Un peu longuet, difficile d'accrocher, il a fallu attendre la moitié du livre pour être un peu plus dans l'action,  c'est certainement parce que ce livre est la compilation de la série d'articles parue dans le journal "Gringoire": Il y a des longueurs, des disgressions malheureuses, bref je n'ai pas retrouvé l'enthousiasme éprouvé à la lecture de "David GOLDER", avec ce stule concis et percutant.

Bon , donc un Némirovsky moyen, un peu "fond de tiroir" d'un éditeur qui veut surfer sur la vague némirovskienne, depuis qu'elle a été remise en vogue.

"Le Maître des Ames", Irène NEMIROVSKY, Denoël.

Par Kouros - Publié dans : Allée "Roman français"
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Lundi 9 octobre 2006 1 09 /10 /2006 07:20

A l'occasion du décès ces jours-ci (le 2 octobre de l'écrivain Raphaël PIVIDAL,  à l'age de 72 ans, je me suis rappelé d'un livre que j'avais lu en 1979: "Le pré joli".

Histoire apparemment banale d'un dénommé Jim, qui va arriver dans un lotissement très normé, et qui va susciter le rejet. Il est manifestement différent, mais en quoi, nous ne le saurons pas véritablement le long du récit. L'important vient des réactions qu'il suscite, sans que l 'on sache bien pourquoi. Ce récit inclassable c'est le "regard Pividal", une vision absurde, à la limite du fantastique, sur un monde décidemment bien étrange: Le nôtre !

Extrait:

"Jim monta dans la Jaguar. La présence des dix enfants qu'i devinait le rassurait. Il joua à conduire.  Il imagina des virages, des lignes droites, des cols, des paysages,. Il s'endormit."

"Le pré joli", Raphaël PIVIDAL, éditions BALLAND, 198 pages.

Par Oswald - Publié dans : Allée "Roman français"
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Samedi 25 novembre 2006 6 25 /11 /2006 18:32

Comme je gardais un excellent souvenir de "Vendredi ou les limbes du Pacifique de Michel Tournier, lorsque mon oeil a été attiré par ce livre d'occasion, je l'ai  tout de suite acheté.

Et bien m'en a pris, car ce commentaire (collection Folio, Foliothèque) de Arlette Bouloumié est tout simplement excellent:

Une analyse très originale et inspirée de ce texte complexe. Tout d'abord, la construction du livre est analysée selon plusieurs hypothèses. Tout d'abord une construction binaire (avant Vendredi, avec Vendredi), puis une construction ternaire ( l'ile niée, l'ile administrée, l'ile solaire), ou même encore selon quatre parties: Début dans l'ile, vie solitaire, vie avec Vendredi, retour à la vie civilisée.

Arlette Bouloumié démontre comment le tirage des cartes de tarot, au début du livre, préfigure les différentes étapes clés du livre. Le Bateleur au début comme pour signifier à la fois l'évasion, l'ile administrée. Puis l'Ermite pour la descente dans la grotte.

Et les limbes me direz vous ? Ce terme théologique, indique un séjour céleste, situé au bord du Paradis. Il désignera ensuite l'Enfer dans l'ouvrage de Dante.

La dimension alchimique, les symboles astucieusement utilisés par Michel Tournier sont bien mis en valeur et nous donne les clefs de compréhension de ce roman, qui connut tout de suite un grand succès lors de son édition.

Roman épique,  allégorique et mystique, "Vendredi ou les limbes du Pacifique" tient à la fois du conte philosophique et du roman mythologique. Telle la chrysalide qui va devenir papillon, Robinson, par une transmutation de tout son être tente de s'élever.

Véritable hymne à la vie, à la joie de vivre, réhabilitation du corps et du rire, bien plus qu'une banale aventure sur un île déserte, c'est la révélation de l'homme retournant à l'état adamique.

Par Oswald - Publié dans : Allée "Roman français"
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Lundi 4 décembre 2006 1 04 /12 /2006 18:38

Troisième roman de Florian Zeller, ce jeune auteur à la mode, qui sévit aussi dans l'écriture théatrale, "La fascination du pire" raconte les périgrinations, en Egypte, d'un petit groupe d'écrivains.

Leur but est la promotion de leurs livres respectifs, mais le sujet du livre raconte la confrontation entre deux civilisations, deux modes de vie, deux conceptions du monde qui vont s'affronter, jusqu'à se terminer dans le drame.

Quelques réflexions sur l'intégrisme islamique, mais bon plutot moyen, pas vraiment intéressant, et un style ordinaire, bref je ne conseille pas ce livre, qui m'as plutot déçu, décidément pas de chance avec la production française contemporaine !

Par Oswald - Publié dans : Allée "Roman français"
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