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Passage "Histoire"

Mercredi 4 janvier 2006
 

"L'honneur retrouvé du Marquis de MONTESPAN", de Eve RUGGIERI, Editions PERRIN, 19 euros

Admirable Louis-Henry de PARDAILLAN de GONDRIN, marquis d'ANTIN, marquis de MONTESPAN, qui rêvait d'honneur et de gloire gagnés sur les champs de bataille et qui, à son grand malheur, est entré dans l'histoire sous la bannière du déshonneur pour avoir eu l'infortune d'épouser la belle Athénaïs de ROCHECHOUART de MORTEMART, célèbre pour avoir brillé pendant de nombreuses années à la Cour de France comme favorite attitrée de Louis XIV et mère de huit de ses enfants illégitimes. 

S'il fut le mari trompé le plus connu du règne du grand Louis XIV, il le fut avec un panache et une insolence qui suscitèrent au tout début la stupéfaction (rares en effet étaient ceux qui osaient s'opposer au grand roi dont les châtiments étaient le plus souvent sans pitié) pour laisser place au fil du temps à l'admiration puis à un respect profond. En effet, négligeant titres, revenus, avantages en tout genres dont on l'aurait inondé s'il avait consenti à se montrer complaisant et discret, il multiplia les esclandres, les menaces, les défis, faisant ainsi savoir au monde entier qu'il ne se soumettrait jamais au bon plaisir du roi, préférant les dettes, les brimades, l'exil et parfois la prison au déshonneur de la complaisance.


Tandis que sa femme était constamment enceinte des oeuvres du roi, il s'acharnait à attirer l'attention sur son infortune et puisque tout le monde à Versailles le savait, il avait tenu à son tour à ce que le peuple, les bourgeois des villes jusqu'au plus anonymes des sujets du Roi-Soleil le sachent également. Il fit repeindre son carrosse en noir avec sur les portières ses armes surmontées de deux grandes cornes ainsi que deux bois de cerf qu'il avait fait fixer sur l'avant juste au-dessus du strapontin du cocher et c'est dans cet incroyable équipage qu'il avait traversé tout le pays pour rejoindre sa terre d'exil du Midi. Louis XIV ne tenait pas à ce que ses sujets apprennent que, lui le roi de France de droit divin, avait choisi pour maîtresse une femme mariée, une femme qui avait juré devant ce même Dieu (de qui il tenait sa légitimité) fidélité et devoir à son mari. Le Marquis, dans sa folie, songeait au pouvoir qu'il avait de faire trembler le grand roi s'il lui prenait l'idée de demander au pape l'annulation de son mariage car, dès lors, le prélat se verrait contraint d'étaler au monde ce scandale et la tâche sur le nom des Bourbons serait indélébile.

Ainsi il ne cessait d'ameuter le monde, de provoquer le Roi-Soleil juque dans un testament daté de 1679, diffusé par son cousin le duc de LAUZUN, ce qui déclencha à la Cour et à Paris un énorme éclat de rire, les amis de MONTESPAN s'émerveillèrent de tant d'audace et de provocation, on faisait lecture de ce testament dans tous les salons, riant des dispositions, et surtout du dernier paragraphe :

 »Je lègue et donne au Roi mon vaste château de MONTESPAN, le suppliant d'y instituer une communauté de dames repenties, à la charge et condition spéciale de mettre mon épouse à la tête de ce dit couvent et de l'y nommer première abbesse.

« De PARDAILLAN de GONDRIN MONTESPAN , époux séparé quoique, inséparable »Le seul à ne pas juger l'affaire plaisante fut le Roi, Louis XIV ne parvenait pas à oublier l'amertume de la farce et deux semaines plus tard il confisquait au Marquis l'une de ses seigneuries pour l'offirir à la Marquise de MONTESPAN.

C'est ainsi que d'anecdotes en anecdotes (toutes historiques, et recoupé dans d'autres ouvrages), Eve RUGGIERI raconte l'histoire si particulière du Marquis de MONTESPAN, sa vie, ses frasques, ses moments de solitude et d'abattement, avec tendresse et amusement, d'autant plus sensible à ce fier et orgueilleux occitan à l'honneur sans compromission, qu'elle lui a succcédé dans son château de BONNEFONT.


Par Gis
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Samedi 11 mars 2006

A l'aube de la Renaissance, Monterga, un peintre florentin, et les frères Van Mander se livrent une guerre impitoyable pour trouver la formule de la couleur pure, "l'olium pretiosum".

Intrigues, rebondissements, traitrises, dissimulations émaillent ce polar se laissent lire avec plaisir, Federico Andahazi, écrivain argentin, arrive dès le début , à cpater l'attention: Son style est fluide, les personnages sont bien campés et bien décrits.

Enfin, les techniques de peinture, et la vie de l'époque sont astucieusement restituées.

"Le secret des flamands", Federico Andahazi, Editions NIL, 19 euros.

Par Kouros
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Samedi 25 mars 2006

Les principales dates de l'histoire de France et du monde, de l'apparition de l'agriculture à l'élargissement de l'Europe en 2004.

Ce livre s'adresse aussi bien aux passionnés d'histoire (les explications sont parfois très pointues), que pour les lycéens et collégiens, dont le livre couvre le programme.

8 euros, peut se commande sur: www.polygraphe.fr

Par Tom
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Mardi 11 avril 2006

Un peu décevant, pourtant parler de la vie de Louis XIV était une bonne idée

"Louis XIV", Yves-Marie Bercé, Editions Le Cavalier bleu, 116 pages.

Par Kouros
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Jeudi 15 novembre 2007

Mon point de vue

Un excellent thriller historique, que ce livre. L'intrigue est complexe, et ne livre sa solution que dans les dernières pages. Ce livre a été récompensé, et  c'est justice, par le prix ELLIS PETERS.

La période troublée, qui se situe dans une Angleterre au bord de la guerre civile, a cause de querelles politiques et religieuses profondes, met bien en relief cette histoire de crime sanglant et sauvage.

Le personnage principal, Robin Singleton, bossu inspiré qui mènera l'enquête, est bien campé, et son évolution psychologique suit bien la trame de l'ouvrage.

Car ce fervent partisan de Cromwell, va prendre conscience que la réalité est un peu plus nuancé que ce que l on veut bien lui présenter:

"J'eus subitement l'atroce pressentiment que notre révolution ne ferait que changer les noms des enfants affamés qui troqueraient ceux des saints pour "Craint Dieu" ou "Zélé".

Je repensai a la désinvolture avec laquelle Cromwell avait admis avoir fabriqué de fausses preuves pour persécuter des innocents et causer leur mort, ainsi qu'au récit de Mark sur les hommes cupides venant aux Augmentations solliciter l'octroi des terres moastiques, n'avaient rien a voir avec la communauté chrétienne. Ce ne serait jamais le cas.

En vérité, il ne valait guère mieux que l'ancien, n'était pas moins régi par la force et la vanité. Je revis les oiseaux encagés aux couleurs criardes, s'invectivant stupidement, et j'eus l'impression que c'était là l'image même de la cour, où les papistes et les réformateurs s'agitaient et jacassaient.

M'aveuglant volontairement, j'avais refusé de voir ce qui sautait aux yeux. Les hommes ont peur du chaos du monde, pensai je, et du gouffre béant de l'éternité dans l'au delà.

C'est pourquoi nous élaborons des théories pour expliquer les terribles mystères et nous persuader que nous sommes en  sécurité ici-bas et dans l'au-delà.

Et je compris que des oeillères d'un autre genre m'avaient caché la réalité de ce qui s'était passé à Scarnsea. Je m'étais accroché à un fonctionnement du monde,  mais éliminer un seul  de ceux-ci revenait à remplacer un miroir déformant par une glace fidèle."

C'est a partir de cette prise de conscience du coté complexe de la réalité, dépassant un approche binaire, pour tenter une synthèse ternaire que la vérité se fera jour.

Cette époque fait penser au monde d'aujourd'hui qui est aussi un chaos qui cherche à s'ordonner (ordo ab chao), c 'est d'ailleurs la conclusion du livre, car la dissolution historique des monastères catholiques, fait en fait écho à une dissolution de la société dans son ensemble:

"Aujourd'hui,  on n 'est nulle part en sécurité dans le monde. Rien n'est plus certain. Parfois je pense au frère Edwig et a sa folie... Tout se dissout, frère Guy, tout n'est que dissolution".

PS: Un petit anachronisme lorqu il est évoqué le fait que l on priait de l'Angleterre jusqu'au Canada, à une époque, ou le Canada... n'existait pas encore !

Présentation de l'éditeur

En 1557, l'Angleterre est déchirée par une violente période de transition religieuse :les réformistes s'apprêtent à dissoudre tous les anciens monastères catholiques, coupables, selon eux, d'idolâtrie obscurantiste.
C'est dans cette atmosphère chaotique qu'un matin, à Londres, Matthew Shardlake, brillant avocat disciple d'Erasme, est reçu au cabinet de l'autoritaire Lord Cromwell, chef des réformistes.
Ce dernier le somme de se rendre au monastère de Scarnsea, théâtre de rumeurs sordides, dans lequel Shardlake va découvrir le cadavre décapité de son confrère, Robin Singleton...
Un assassinat inexplicable, des traces de rituel païen, une congrégation frappée de mutisme : l'avocat devra résoudre, une à une, toutes les facettes de cette profonde et macabre énigme.
 
"Dissolution", de C.J.SANSOM, Folio POCKET, 532 pages.
Par Oswald
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