Après une formation à l'école du service de santé de la marine , en 1933, Henri Collomb débutera sa carrière de médecin colonial à Djibouti, puis il ira en Ethiopie, en Indochine, et enfin à Dakar.
Bien que généraliste, son apport essentiel sera dans le domaine de la psychiatrie: Très à l'écoute de la civilisation africaine et de son mode original de gestion de la folie, Henri Collomb construira, peu à peu, une approche thérapeutique originale, qu'il tentera de mettre en application, avec beaucoup de difficultés, à Nice.
Pour lui, la folie est « ce qui résiste à la socialisation, que chacun porte en soi, cette force obscure qui peut se manifester dans le comportement hors de la norme ».
Médecin personnel de l'empereur éthiopien Haïlé Sélassié et ami du président Léopold Sédar Senghor, le travail de Henri Collomb reste profondément novateur.
C'est dans l'abbaye de Pons à Nice que se terminera cette vie riche et bien remplie, en luttant encore, de toutes ses forces, contre les préjugés de l'époque.
L'auteur, Robert ARNAUT a su reconstituer de manière vivante, à partir de notes et de témoignages la vie passionnante de ce personnage hors du commun, qui a marqué profondément de son empreinte tout un continent. Ce « Grand Sorcier blanc », humaniste toujours à l'écoute de l'autre, aura été le fondateur de « l'école de Dakar ».
Le déroulement de la vie d'Henri Collomb se trouve bien restitué dans le contexte des évènements politiques de l'époque, la rédaction en est limpide et agréable.
Quatrième de couverture:
Présentation de l'éditeur
A l'heure où l'actualité éclaire le domaine de la santé mentale, où les établissements ouverts sont remis en question, où les pouvoirs publics s'apprêtent à mettre en chantier des lieux d'enfermement nouveaux, un regard sur l'un des pionniers de la psychiatrie sociale s'impose d'autant plus qu'il s'agit d'un homme et d'un destin hors série. Henri Collomb semble avoir rendez-vous avec l'histoire en commençant sa carrière à Djibouti au moment où éclate la deuxième guerre mondiale.
Familier des tribus nomades, des rebelles, des contrebandiers, médecin particulier du Roi des rois en Ethiopie, chef du service de santé du corps expéditionnaire au Viêt-Nam, ce jeune médecin militaire est, avant tout, tourné vers l'Autre. Observateur des cultures et des traditions, ami de Senghor, d'Haïlé Sélassié et de Castro, il y a dans cet homme étonnant du Saint-John Perse, du Rimbaud et du Saint-Exupéry. Abordant avec son avion personnel les endroits les plus reculés où sévissent les maladies endémiques, rendant visite aux guérisseurs, aux féticheurs, aux magiciens de la brousse et participant à leur rite, le " Grand Sorcier blanc " acquiert en Afrique une dimension peu commune.
Il traverse son siècle comme une comète, laissant derrière lui la frange lumineuse d'une pensée qui a donné naissance à l'" Ecole de Dakar ". Ses publications, ses ommunications dans tous les congrès médicaux du monde l'ont fait apparaître, pendant vingt ans, comme un marginal de la psychiatrie, le temps de remettre en cause toutes les méthodes en cours.
Biographie de l'auteur
Robert Arnaut est producteur à Radio France et écrivain. Pendant plus de vingt ans, il a sillonné l'Afrique pour la collecte des traditions orales, et ses reportages l'ont souvent mis en présence d'hommes dont la personnalité était à l'échelle du continent africain. Henri Collomb est l'un de ces personnages hors du commun.
« La folie apprivoisée, l'approche unique du professeur Collomb », de Robert ARNAUT, Editions De Vecchi, 396 pages, 18,90 euros
Commentaires